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QUERARD (Joseph-Marie)
Bibliographe français, né à Rennes le 25 décembre 1797, mort à Paris le 3 décembre 1865. A l'âge de dix ans, il entra, comme commis, chez un, libraire de sa ville natale et ce fut là qu'il sentit naître son amour pour les livres. En 1817, il se rendit à Paris, puis voyagea pour le commerce des livres et fut attaché à une importante maison de Vienne, en Autriche, de 1819 à 1824. A cette époque , il travaillait au grand ouvrage qui l'a fait connaître et, pour le mener à bonne fin, il repoussa d'avantageuses propositions et revint à Paris, où les premiers volumes parurent sous ce titre : la France littéraire ou Dictionnaire bibliographique des savants, historiens et gens de lettres de la France, aussi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en français, plus particulièrement pendant les XVIIIe et XIXe siècles (1826-1842, 10 vol. in-8° à 2 colonnes). Ce travail immense, auquel nous avons consacré un article, méritait d'être encouragé. Le ministre Guizot accorda en 1830 à son auteur une subvention annuelle de 1,000 francs. Cette somme, bien que minime, venait s'ajouter aux fonds fournis par un riche bibliophile russe, M. Poltoratzky, et Quérard put ainsi terminer son ouvrage. Voulant donner un complément à sa première publication, Quérard publia la Littérature française contemporaine (Paris, 1839, 1844, t. Ier et II, in-8°); mais cet ouvrage, fruit d'une heureuse inspiration, suscita à son auteur de sérieux ennuis et de graves embarras. « Le libraire-éditeur, dit M. E. Renard, fit déposséder l'auteur par les tribunaux, sous le motif du développement donné aux articles et de la lenteur avec laquelle ils étaient livrés à l'impression. Condamné à des dommages-intérêts envers ce libraire et poursuivi avec une extrême rigueur, Quérard n'a pas cessé depuis de signaler les erreurs échappées aux écrivains qui ont continué son oeuvre (MM. Ch. Louandre et Bourquelot). » Il sollicita du ministre de l'instruction publique une place de bibliothécaire, mais il n'obtint pas même une réponse. Tout en collaborant à des feuilles spéciales, il publiait de nouveaux ouvrages, dont l'un surtout, les Supercheries littéraires dévoilées, lui suscita d'ardentes inimitiés. En 1855, il fit paraître, au moyen de souscriptions, une revue périodique de bibliographie, qu'il intitula le Quérard, et qui cessa de paraître après deux années d'existence, à la suite d'un procès que lui intenta M. de Saint-Albin. Il venait d'être décoré de la Légion d'honneur lorsqu'il mourut.

Quérard était un petit homme sec, nerveux, vif et un peu bilieux, à l'air futé, à la mine plus maligne que bienveillante. Ecrivain très-médiocre, ce n'était point, à proprement dire, un lettré; c'était un chercheur infatigable, le bibliographe type, l'homme-catalogue qui se dessécha pour rectifier une erreur de date, rétablir l'exactitude d'un titre, rectifier des erreurs et dévoiler les fraudes et les plagiats littéraires. Franc, un peu brutal dans ses révélations, grincheux, agressif, mordant jusqu'à la malveillance, aigri par le malheur et l'injustice, il s'était fait beaucoup d'ennemis. Il s'étourdissait dans le vin, ce qui a fourni des armes à ces derniers. Trop tard il s'aperçut combien il s'était nui par ses intempérances de plume, en arrachant des masques et en faisant du scandale. Le public lui en sut peu de gré et le bibliographe finit ses jours et ses révélations dans l'abandon et la pauvreté. Sa biographie peut se résumer dans un seul mot, le travail. Pendant plus de quarante ans, en effet, il n'a pas eu d'autre préoccupation ni d'autre but que de poursuivre son oeuvre avec la patience opiniâtre des vieux bénédictins, et l'on pourrait dire sans trop d'exagération que, en dehors de la bibliographie, le monde n'existait, pour ainsi dire, pas pour lui. Son existence plus
que modeste dit assez que ce labeur incessant ne l'a pas conduit à la fortune. Aussi disait-il parfois avec une gaieté un peu ironique : « Si la bibliographie n'est pas un métier de sot, c'est, à coup sûr, un sot métier.»
Mais ce « sot métier, » il l'aimait de passion, il l'exerçait avec amour, sans autres ressources que le maigre produit de ses travaux et une petite pension du ministère de l'instruction publique. « Il était né bibliographe, dit M. P. Lacroix, il a vécu, il est mort bibliographe.»

Quérard a laissé inachevée la deuxième édition de ses Supercheries littéraires dévoilées. Il a laissé aussi une grande quantité de matériaux préparés pour une oeuvre monumentale qu'il avait rêvée, l'Encyclopédie du bibliothécaire. L'utilité des ouvrages de cet infatigable travailleur n'est point contestée et, sur beaucoup de points même, ils font autorité. On peut lui reprocher d'avoir émis parfois des assertions un peu tranchantes et d'avoir assez souvent puisé, pour sa France littéraire, dans la Biographie de Rabb, Vielh de Boisjolin et Sainte-Preuve; mais en somme, malgré quelques graves imperfections, ses travaux resteront et seront classés au rang des plus remarquables qu'ait produits la bibliographie française.

Outre les ouvrages précités, on doit à Quérard : Supercheries littéraires dévoilées, galerie des auteurs apocryphes, supposés, déguisés, plagiaires, et des éditeurs infidèles de la littérature française pendant les quatre derniers siècles; ensemble les industriels et les lettrés qui se sont anoblis à notre époque (Paris, 1845-1856, 5 vol. in-8°), publiés aux frais de M. Poltoratzky; on a tiré à part deux articles sur Lamennais (Paris, 1849, in-8°) ; les Plagiats reiffenbergiens dévoilés, notice des supercheries commises par le baron F. de Reiffenberg (Paris, 1851, in-8°) ; Auteurs déguisés de la littérature française au XIXe siècle (Paris, 1845, in-8°), réunion de petits articles qui ont paru d'abord dans le Moniteur de la librairie et dans le Bibliothécaire; Dictionnaire des ouvrages polyonymes et anonymes de la littérature française (1700-1850, liv. Ier à III, Paris, 1846-1847, in-8°), resté inachevé; Omissions et bévues du livre intitulé: la Littérature française contemporaine, par MM. Ch. Louandre et F. Bourquelot, ou Correctif à cet ouvrage, Correctif du tome II (Paris, 1848, in-8°); les Ecrivains pseudonymes et autres mystificateurs de la littérature française pendant les quatre derniers siècles, restitués à leurs véritables noms, avec des notes de treize collaborateurs de l'auteur (Paris, 1854-1856, in-8°); le Quérard, archives d'histoire littéraire, de biographie et de bibliographie françaises, Complément périodique de la France littéraire (Paris, 1855-1856, 2 vol. in-8°), recueil mensuel; il renferme des monographies extraites de l'Encyclopédie du bibliothécaire, ouvrage qui devait former 15 vol. in-8°, mais dont le prospectus seul a paru; l'impression n'a pu être entreprise faute du concours de l'Etat; Une question d'histoire littéraire résolue, Réfutation du Paradoxe bibliographique de M. R. Chantelauze; le Comte Joseph de Maistre, auteur de l'Antidote au congrès de Rastadt (Paris et Lyon, 1859, in-8°). Quérard a fait paraître, en outre, divers recueils qui n'ont eu qu'une existence très-éphémère, savoir : le Bibliologue, journal du commerce et des intérêts de la typographie et de la librairie en France; Revue bibliographique, journal de bibliologie, d'histoire littéraire et de la librairie; le Moniteur de la librairie, mémorial universel des publications françaises et étrangères, anciennes et modernes; le Bibliothécaire, archives d'histoire littéraire, de bibliologie et de bibliographie, avec M. Poltoratzky.

Source : P. Larousse. Grand dictionnaire universel du XIXe siècle. Paris, (1864-1890).